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Les marchés de Noël, pied de nez à l’hiver

Alors que la nuit tombe dès la fin de l’après-midi à quelques jours du solstice d’hiver, toutes les villes et bourgades s’illuminent. L’avent représente une période joyeuse et riche de traditions, à laquelle les Alsaciens attachent une importance toute particulière. Pour la première des quatre semaines précédant Noël, les familles ont déjà réalisé leur couronne de l’avent à laquelle elles ont allumé symboliquement depuis dimanche la première des quatre bougies. Elles ont aussi préparé plusieurs fournées de bredele, à savoir des petits gâteaux secs décorés de formes diverses et variées qui sont proposés aux amis et visiteurs tout au long du mois.

Dans les rues, c’est aussi l’effervescence. On sort en famille bravant le froid pour profiter des illuminations des municipalités, on se retrouve entre collègues sur les marchés de Noël après le travail pour se réchauffer autour d’un verre de vin chaud. Les marchés de Noël existent maintenant dans tout l’hexagone, mais ceux d’Alsace restent la référence et attirent de nombreux touristes chaque année. Le premier d’entre eux est certainement celui de Strasbourg, le Christkindelsmärik, qui a accueilli l’année passée plus de deux millions de visiteurs et vient d’ouvrir ses portes samedi dernier. Son existence étant attestée depuis 1570, il représente le plus ancien marché de Noël connu en France. Depuis cette époque, il a bien sûr connu bien des évolutions, mais depuis quelques années, des comités d’organisation veillent au respect des traditions et de l’esprit de Noël afin d’éviter certaines dérives et de se démarquer des simples fêtes foraines.

À Strasbourg et dans les autres villes d’Alsace telles que Colmar, Sélestat, Mulhouse ou encore Kaysersberg, les petits chalets de bois s’organisent autour d’un majestueux sapin de Noël (place Kléber à Strasbourg) et proposent soit des spécialités à déguster comme du vin chaud, des saucisses, des pâtisseries régionales, soit des éléments de décoration et des idées cadeaux. Les comités d’organisation veillent également à mettre en avant l’artisanat local comme les articles de cristalleries ou la vaisselle traditionnelle. Pour souligner le caractère traditionnel, le patrimoine immatériel bénéficie d’un traitement privilégié : les lieux de culte abritent des concerts d’instruments anciens et des représentations de chants sacrés. Pour obtenir les programmes dans chaque ville, n’hésitez pas à vous adresser aux offices du tourisme.

La truffe : du marché à l’assiette

Chaque année à la mi-novembre s’ouvre le marché aux truffes de Carpentras, petite ville du département de Vaucluse, qui se tient ensuite chaque vendredi jusqu’à la fin mars. Cette période marque l’arrivée à maturité de la truffe noire dont le cycle de développement commence neuf mois auparavant, avec l’arrivée du printemps. Cette année, les restaurateurs, courtiers, négociants, conserveurs, mais aussi les gourmets les plus impatients se sont donné rendez-vous ce vendredi 15 pour l’ouverture de la saison.

Celle que les botanistes connaissent sous le nom de Tuber melanosporum, jouissait déjà d’une grande popularité pendant l’Antiquité où les Romains et les Arabes l’utilisaient associée à de nombreuses épices. Elle est ensuite tombée dans l’oubli avant de retrouver ses lettres de noblesse à la Renaissance, notamment à la table du roi François Ier. La truffe a besoin des arbres pour son lent développement, mais elle n’est pas un parasite. Elle se nourrit en effet de végétaux en décomposition quelques centimètres sous terre. Aujourd’hui, les trufficulteurs privilégient des essences comme le frêne, le charme et le chêne, mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est notamment grâce à la vigne que la truffe a connu son apogée à la fin du XIXe siècle suite à la dévastation des vignobles causée par les attaques de phylloxéra. En France, la production du précieux champignon atteignait jusqu’à 1000 tonnes/an à l’aube du XXe siècle.

Aujourd’hui, la production française, encore la première dans le monde, peut atteindre dans une bonne année jusqu’à 44 tonnes comme lors de la saison 2011/2012, 14 tonnes étant revenues au Sud-Ouest et 30 au Sud-Est. De fait, bien que le Périgord noir soit souvent associé en premier à la truffe, c’est bien le Vaucluse qui occupe le rang de premier département producteur en France, ce qui explique l’importance du marché de Carpentras dont l’origine remonte au moins au XVIIIe siècle, preuve en est une ordonnance du 19 décembre 1781 réglementant son fonctionnement. De plus, ce marché a un rôle directeur dans l’établissement des cours sur les autres marchés du pays. Ce 15 novembre, le prix moyen observé s’établissait autour de 120 €/kg.

En cuisine, la truffe trouve d’innombrables applications. Tandis qu’elle apporte une saveur indescriptible aux farces, pâtés et saucisses qu’elle agrémente, elle est absolument indispensable à des spécialités comme la poularde de Bresse demi-deuil, pour laquelle il faut ajouter de la truffe à la farce mousseline et insérer délicatement des tranches du champignon entre la chair et la peau de la volaille avant de la pocher. Dans la cuisine moderne, les chefs rivalisent de création pour associer sa saveur sans pareille aux mets les plus raffinés, tandis que les puristes l’aiment cuisinée dans un simple plat d’œufs.

 

L’aligot, gastronomie et tradition en Auvergne

Amoureux d’escapade et de gastronomie, pourquoi ne pas faire un petit tour en Auvergne où en plus des paysages époustouflants, une assiette d’aligot, chaude et prête à la dégustation vous attend ?

La légende raconte que de la rencontre de 3 évêques au croisement des 3 départements du Cantal, de l’Aveyron et de la Lozère serait né l’Aligot. Pour le repas, chacun aurait apporté un ingrédient : la tome du Rouergue, les pommes de terre d’Aubrac, et le beurre fait du lait du Gévaudan. Cette purée de pommes de terre à laquelle sont mélangées de la crème, du beurre et de la tome fraîche, fut longtemps servie par les moines de la région aux pèlerins qui se rendaient à Saint Jacques de Compostelle par la Via Podiensis.

Aligot

Aujourd’hui cette spécialité devenue des plus populaires est souvent présente dans les foires, fêtes ou encore marchés de Noël. Servie chaude, avec ou sans ail, son apport calorique vous permettra de garder un bon rythme dans vos balades en Auvergne !

Cette tradition auvergnate a aussi un côté spectaculaire car voir un homme filer l’aligot dans une grande marmite avec une énorme spatule de bois est le témoignage d’une tradition qui vaut bien le détour.

Alors pour ceux pour qui le fromage est une véritable passion, ou pour les amoureux de traditions populaires, voici une sélection d’hébergements où vous pourrez déguster une bonne assiette d’aligot.

Cantal : Au Bon Accueil, Auberge de la Sagnette, Sandine

Aveyron : Chalets de la Rivière, l’Oustal Del Barry, La Tonnelle

Lozère : Maison du Brouillet, Relais de l’Aubrac

+ d’infos sur www.aubrac.com