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Histoire d’une vie rurale au bout du Cap corse

Aujourd’hui nous donnons la parole à Jean, propriétaire des gîtes Le Bout du Cap Corse, un logement situé en Haute-Corse que vous avez élu sur Facebook comme celui ayant la plus belle vue parmi ceux que nous vous avions proposés. Il nous décrit en quoi le panorama depuis ses gîtes est exceptionnel et nous en dit plus sur son expérience de propriétaire.

Une impression de « bout du monde »
“Notre vue a ceci de particulier : nous sommes dans une île et nous sommes à la pointe septentrionale de cette île. Nous éprouvons donc – et nos visiteurs aussi – une impression de « bout du monde », qui permet un exceptionnel dépaysement, ainsi qu’un sentiment d’évasion, facilité par l’ouverture que la vue procure, comme par l’aspect « sauvage », préservé de l’endroit. Cohabitent donc cette sensation de finitude et d’ouverture, puisque comme la photo l’a montré, il nous arrive assez souvent d’avoir vue sur l’Italie.

Enfin, nous avons la chance de bénéficier de conditions de nature authentique, car cette pointe du Cap corse n’est pas urbanisée, et pour l’instant à l’abri du tourisme de masse. De plus, le paysage et les couleurs sont toujours changeants. En arrivant chez nous (car nous n’habitons pas sur place), nous jetons un regard sur l’ile de A Giraglia pour en saisir l’aspect, la coloration, la présence de vent ou sa force.

Ce qui singularise notre maison, c’est avant tout son positionnement et les conditions de son environnement. Située au Nord-Est, compte tenu de l’étroitesse du Cap corse, elle bénéficie du soleil levant et est à la limite du soleil couchant. Elle est dans un environnement rural et boisé, au bout d’un tout petit hameau de 6 maisons, où l’impression de calme et de tranquillité frappe le visiteur.  Enfin, elle est dans une ambiance de mariage entre mer et montagne, qui caractérise d’ailleurs l’ensemble du cap corse.

Nous avons ouvert notre logement en 2005, après l’avoir acquis en 2003, et rénové en 2004. Nous n’étions pas de cet endroit. Nous avons souhaité y acquérir une maison par amour de la région, et s’est présentée l’opportunité de faire des gîtes dans une annexe qui servait de garage. La location de gîtes est pour nous une occupation complémentaire et secondaire, car nous travaillons à Bastia, qui se trouve à 50 km des gîtes. Nous avons eu des hôtes tout de suite, et l’évolution est allée croissante. Nous n’avons donc pas eu de difficultés.”

Nous sommes souvent invités à rendre visite à nos hôtes sur le « continent »
“La relation aux hôtes nous apporte du plaisir. Nous aimons partager ce que nous aimons et apprécions que ce lieu, qui est devenu notre lieu, puisse par sa seule existence et pérennité donner un sentiment de paix, de plénitude, de beauté ou simplement de repos et de ressourcement. La Corse interroge bien sur, car elle a souvent fait l’actualité… Nous nous efforçons donc de répondre à cette curiosité légitime sur le plan historique ou politique. Et puis, des hôtes reviennent, amoureux comme nous de cet endroit « magique »… Et là, ils deviennent des amis. Nous sommes d’ailleurs souvent invités à leur rendre visite sur le « continent ».

Nous n’avons pas en mémoire d’expérience négative qui nous ait vraiment marquée. De mauvaises surprises, oui, mais à la marge. Par exemple : les odeurs, ou poils, ou dégâts au jardin causés par des chiens, qui nous ont fait décider d’être très réticents quant à l’acceptation des animaux.

Les bons souvenirs sont dans l’échange souvent très spontané, qui naît dans la douceur du soir autour d’un apéritif, et permet à chacun de s’exprimer sur ses activités et région respectives. C’est alors une vraie convivialité qui s’installe.

Bien sur, si c’était à refaire, nous referions !”

Un camp de César ouvert à tous

Ce mois-ci, Patrick revient sur son choix d’ouvrir, avec sa femme Sylvie, le gîte du Camp de César, labellisé « tourisme et handicaps »

“Depuis plusieurs années ma femme et moi avions dans l’idée d’ouvrir un gîte dans notre village de Wissant, station balnéaire de la côte d’Opale dans le Pas de Calais. Sur mon lieu de travail, je côtoie des enfants avec différents handicaps et c’est tout naturellement que nous avons décidé de nous lancer dans le  projet d’un gîte capable d’accueillir tout type de handicap.

Un gîte accessible à tous

La construction du gîte a commencé début 2003. Ma femme et moi l’avons bâti de nos propres mains avec l’aide de nos trois enfants et de nombreux amis. Les travaux avançaient au fur et à mesure du budget et ont duré plus de trois ans et demi.

Finalement, après toutes ces années de travail et de réflexion, nous avons ouvert notre gîte en octobre 2006. À cette même date, après divers contacts et un cahier des charges précis portant sur les aménagements intérieurs et extérieurs, nous avons été labellisés « tourisme et handicaps » avec les 4 critères : visuel, moteur, auditif et mental.

Foto3

Privilégier l’échange

En habitant juste à coté du gîte, nous pouvons personnaliser l’accueil en offrant un cadeau de bienvenue, en allumant la cheminée, en expliquant le fonctionnement du gîte, la vie du village, les balades incontournables, la gastronomie locale, etc. Cela permet également de lier amitié et faire sentir à nos hôtes qu’ils sont chez eux.

L’été, lors de bonnes marées, nous proposons à nos clients d’aller à la pêche. Wissant est aussi un spot de kite et de planche à voile et notre fils aime à parler “technique” avec les clients qui partagent la même passion.

De nombreux fidèles

Nous avons de nombreux clients qui reviennent d’année en année. Ils apprécient l’endroit et nous apportent souvent une spécialité de leur région que l’on partage au coin de la table avec une bonne bière locale.

De part notre label, nous travaillons également avec le CHR de Lille et différents organismes qui souhaitent changer de cadre et emmener leurs patients handicapés hors des structures traditionnelles. Cela se passe tellement bien qu’ils reviennent tous les ans.

Malgré tout, il y aura toujours les sempiternels insatisfaits !! Heureusement ils sont peu nombreux (à l’impossible nul n’est tenu) !!!”

Sylvie et Patrick.
Le Camp de César (Pas-de-Calais, Nord-Pas-de-Calais)

Ma reconversion

Après avoir travaillé 26 ans à la Poste comme facteur (Normandie, Bastia, Antibes et Drancy) et après une grave maladie, je me suis retrouvée en retraite invalidité à 45 ans avec une fille Mélissande de 7 ans à charge.

Le coup de foudre…

Il y a 10 ans, dans le Parc Régional des Boucles de la Seine Normande, je me baladais dans ma Normandie natale lorsque je suis tombée sur une maison abandonnée à vendre dans un grand verger en bordure de Seine.

Tout de suite, j’ai eu un flash et j’ai vu la disposition des futures chambres : chacune aurait un thème. J’ai demandé à visiter la maison et là, magie et imagination se sont emparées de mon esprit : Chambre Hindoue, Chambre Chinoise, Chambre Afrique, Chambre Rose et Chambre Normande. Au rez-de-chaussée, je voyais déjà la salle à manger marocaine, le salon provençal.

Cette maison était jadis celle du passeur, l’entrée serait donc sur le thème de l’eau.  Je l’ai appelée Le Relais du Passage de La Roche car j’accueille mes hôtes comme dans le passé, dans un relais, au passage. L’ancien passage de la barque pour traverser la Seine est maintenant remplacé par des bacs. Et la roche, vous me direz ? Tout simplement pour la falaise qui se trouve en face de la maison.

Le Relais du Passage de La Roche

Au milieu des travaux…

Cependant, la maison était abandonnée depuis plus de 25 ans. J’ai donc fait des plans et, début février 2004, les artisans commençaient les travaux d’agrandissement. Par, contre, les finitions (parquet, carrelage, papier-peint, peinture, tissus et meubles), je les ai fait moi-même, pendant 3 ans, sans savoir le faire et en m’aidant d’Internet…

En Juin 2007, j’ouvrais mes 5 chambres ainsi que la table d’hôte où je fais découvrir les produits du terroir et les recettes locales. Depuis, j’ai eu le plaisir de recevoir des hôtes de 45 nationalités différentes. Dans un avenir proche, je souhaite diversifier ma clientèle en organisant des séjours pour groupes sous forme de rallye touristique. Mon intention est de faire également connaître un riche patrimoine aussi bien naturel que culturel.

Le “petit plus” du Relais

Ma fille Mélissande 12 ans, accueille les hôtes et m’aide à dresser la table. Elle joue également du piano, récite des poèmes, leur fait des dessins et chante… ce qui amuse beaucoup mes hôtes.

Françoise Rose
Le Relais du Passage de La Roche (Seine-Maritime, Haute-Normandie)

À 70 ans, une nouvelle vie commence

Françoise et Michel ne sont pas des retraités comme les autres. Après une vie professionnelle bien remplie, certains pourraient penser qu’il serait temps de laisser les jeunes travailler. Mais il n’en est rien, à 70 ans ce couple s’embarque dans une nouvelle aventure : ils ouvrent un gîte.

“Mon mari et moi, nous vivons dans une une grande maison familiale dans l’Aveyron, près de Cajarc. Mais maintenant que nous sommes à la retraite et que les enfants sont partis, nous avons décidé d’aménager une partie de la maison en gîte. Cela nous permet de faire un pas en avant, et de nous mélanger avec des gens de tous horizons”.

Françoise et Michel

Françoise et Michel lors de leur mariage (Photo DR)

Une expérience précédente

Ils ne se lancent pas tout à fait dans l’inconnu puisque Françoise s’était déjà occupé d’un refuge sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Il est maintenant à vendre. “Les pèlerins ne sont plus ce qu’ils étaient. Avant, le peu que nous pouvions leur offrir leur suffisait amplement, c’était très rustique. Aujourd’hui ils veulent plus de confort, plus de commodités”.

“Ce que nous apprécions le plus, c’est la dimension humaine et les rencontres qu’offre un gîte. Nous voulons échanger un maximum avec nos hôtes. Leur donner des bon tuyaux dans la région, leur proposer des prestations qui leur conviennent… Nous avons dans l’idée de voyager, de partir découvrir d’autres endroits. Je pense que la meilleure manière est de parler avec nos visiteurs, de savoir d’où ils viennent, où ils ont déjà été. Nous voulons que ce gîte soit un endroit de rencontres et d’échanges. C’est, pour nous, la meilleure manière de vivre notre retraite”.

Un chalet finlandais

Kota Finlandais - Le Cottage
Afin de donner une ambiance encore plus conviviale, Françoise et son mari ont décidé de construire un kota. “C’est un chalet en bois d’origine finlandaise, il peut accueillir jusqu’à 8 personnes et il sera possible d’y faire des grillades. Nous possédons aussi 3 chevaux. Il est tout à fait possible de faire une promenade en famille avec la charrette ou, pour les cavaliers plus confirmés, de monter seul.”

Ces heureux retraités vous accueilleront à partir du 1er mars 2010 et seront ensuite ouverts toute l’année.

Consultez la fiche du gîte Le Cottage.

“Je voulais raconter mes histoires, j’espère que d’autres chambres d’hôtes m’imiteront”

Chantal Fabrega fait partie de la communauté des propriétaires de Toprural. Cela fait 9 ans qu’elle accueille les voyageurs, à la fois en gîte et en chambre d’hôtes. Mais en plus d’être propriétaire, Chantal est écrivain. En tout cas, elle vient de publier un livre, Allô ! Chambres d’autres ?, dans lequel elle raconte quelques-unes des meilleures anecdotes qu’elle a eu l’occasion de vivre dans l’Aude. “Écrire ? C’est un métier facile !”, nous glisse-t-elle. Toprural a décidé de l’interviewer pour mieux connaître cette belle histoire.

Livre 'Allô ! Chambres d'autres ?

Toprural. Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

Chantal Fabrega. J’ai toujours aimé écrire. J’avais suivi des ateliers d’écriture quand je vivais dans le Nord -car je suis ch’ti-. Alors je me suis mise à écrire les histoires de mes chambres d’hôtes. Je voulais raconter mes petites histoires. Vous savez, cela fait 9 ans que j’accueille des voyageurs. C’est une longue histoire d’amour et d’amitié. J’ai écrit, je l’ai montré à ma sœur qui a corrigé, a fait la mise en page et s’est occupée des photos.

Tr. Alors, qu’est-ce-que vous racontez dans ce livre ?

C. F. Vous voulez que je vous raconte une histoire ?

Tr. Avec plaisir !

C. F. Un jour j’ai vu arriver un évêque, accompagné du curé du village et d’un chauffeur. L’évêque avait aterri à l’aéroport de Carcassonne. Ils ont dormi chez moi et, le matin suivant, ils voulaient absolument célébrer la messe dans leur chambre ! Je leur ai dit ‘Pas question ! On a une église au village !’.  J’ai prévenu les grenouilles de bénitier et ils ont célébré la messe à l’église. Et puis ils sont partis. Alors je me suis rendu compte qu’ils étaient partis sans payer ! Heureusement, une semaine après j’ai reçu un gentil courrier. Ils me racontaient qu’ils étaient désolés, que chacun avait pensé que l’autre s’était occupé du règlement !

Tr. Et vous avez beaucoup d’anecdotes de ce genre ?

C. F. De quoi remplir une bonne centaine de pages. Ce sont des petites histoires… Il y a de l’humour, du ressenti, des choses moins drôles aussi…

ChantalblogTr. Nous avons vu que vous vendez votre livre sur un site d’édition à la demande, sur Internet.

C. F. Oui, c’est un système très facile. J’ai reçu les premiers exemplaires le 24 décembre. Alors au moment de la bûche, j’ai dit à ma famille : “Maintenant, on passe aux choses sérieuses !”. J’ai sorti mon livre et un stylo, et j’ai commencé à le leur dédicacer. Et puis j’ai eu aussi quelques retombées. Des articles dans la presse. Je l’ai placé à l’épicerie et au bar tabac du village. Enfin, j’irai à Narbonne pour proposer aux librairies de le vendre. J’en ai déjà vendu une centaine.

Tr. Et maintenant, quels projets avez-vous ? Un deuxième tome ?

C. F. L’objectif c’était de partager mes histoires. J’espère surtout que d’autres chambres d’hôtes suivront.

Pour plus d’informations ou pour acheter le livre de Chantal Fabrega, rendez vous sur le site de son éditeur : TheBookEdition.com.