“Le tourisme rural est extrêmement moderne” entretien avec Caroline Kyberd

Aujourd’hui nous inaugurons une nouvelle série de posts “EntretiensTR” dans lesquels nous interrogerons régulièrement des professionnels du secteur, blogueurs, propriétaires de logements, voyageurs pour évoquer leur vision du tourisme en général et du tourisme rural en particulier.

Pour ce premier rendez-vous c’est Caroline Kyberd, rédactrice en chef d’Accueillir Magazine qui répond à nos questions. Elle a créé ce magazine spécialisé avec Charles Lecointe, il y a sept ans, avec pour objectif d’informer en toute indépendance les propriétaires de chambres d’hôtes sur tous les aspects de la vie d’une maison d’hôtes : gestion, fiscalité, réglementations, vie pratique, Internet, promotion…

Comment jugez-vous la situation du tourisme rural aujourd’hui ?
On le redécouvre. Avec le stress et la vie actuelle, il y a de plus en plus un besoin de nature et de calme. Avec internet, les personnes intéressées peuvent sortir de l’offre packagée et préparer leur séjour sur-mesure. Il y a un gros potentiel pour les années à venir, d’autant plus que par rapport à beaucoup de pays, nous avons en France des paysages et des villages préservés.

Selon vous, quels sont les effets qu’internet, et particulièrement les réseaux sociaux, ont sur le tourisme rural ?
Sur le tourisme en général, cela a complètement changé les habitudes d’information et de réservation. Cela devient compliqué de comprendre les règles qui changent en permanence, mais en même temps, une maison d’hôtes peut être réservée depuis l’autre bout du monde et certains territoires, dotés de peu de moyens financiers, peuvent y trouver des opportunités de communication, surtout s’ils font des choix marqués. C’est pour cette raison que nous consacrons de nombreux articles à la visibilité sur Internet dans Accueillir Magazine.

Pensez-vous que la présence sur les réseaux sociaux peut générer des réservations pour des petits établissements touristiques comme des gîtes ou des chambres d’hôtes ?
Oui, clairement, mais à condition de bien soigner sa communication qui doit être cohérente avec son site internet et son offre d’hébergement.

Quel est, selon vous, le futur du tourisme rural, quels sont ses défis pour les prochaines années ?
Le futur très positif. Les défis, j’en mettrai deux principaux : les moyens de transports alternatifs au véhicule individuel et que les acteurs du tourisme locaux arrivent à travailler vraiment ensemble.

Y a-t-il un excès d’offre dans le tourisme rural ?
Non sûrement pas, même si cela peut être le cas localement dans une commune ou une petite région. Il y a parfois trop de gîtes et pas assez de chambres d’hôtes ou pas de gîtes de grande capacité… Il y a encore de la place pour des projets bien pensés, des activités thématiques et pour de l’innovation.

Que recherchent, selon-vous, les voyageurs qui pratiquent le tourisme rural ?
La nature, le calme et les rencontres et je rajoute la gastronomie parce qu’en général on y mange très bien. On s’y ressource, on prend le temps du voyage, on y cherche du dépaysement, en tout cas quand on habite en ville.

En quoi le tourisme rural se démarque-t-il des autres formes de tourisme, qu’apporte-t-il de différent ?
Je n’aime pas opposer les genres et c’est un classement un peu administratif. Si je devais qualifier le tourisme rural, je mettrai en avant la nature et un côté plus intimiste, une zone de découverte et de dépaysement.

Pensez-vous que le concept de tourisme rural est dénaturé ?
Il peut y avoir des confusions entre différentes notions, tourisme vert, rural, campagnard, authentique, écologique…, une certaine intelligentsia parisienne a également trop longtemps opposé ruralité et modernité. Mais le tourisme rural est extrêmement moderne et correspond à de nombreuses attentes, il a tous les atouts devant lui, plus que certains territoires à l’immobilier vieillissant.

Pensez-vous que la France se met suffisamment en avant comme une destination de tourisme rural ?
La communication de la France cherche à toucher le plus grand nombre, elle cible beaucoup le côté monuments, histoire et art de vivre et les grands lieux touristiques. Mais le consommateur devient de plus en plus autonome. Il est en mesure de faire ses propres choix. Et il ne faut pas oublier que contrairement à d’autres destinations, le touriste français voyage beaucoup dans son propre pays et ne regarde pas la communication institutionnelle du pays, mais celle des territoires.

Quel est votre expérience personnelle de tourisme rural ?
Le virus a été pris dès toute petite, j’ai eu la chance de sillonner avec mes parents la France sur les petites routes, de dormir dans des auberges. On faisait l’itinéraire en fonction des restaurants où on allait manger, des viticulteurs chez qui on allait acheter le vin, des spécialités gastronomiques et des églises à visiter. Tours et détours, on ne se souciait pas du kilométrage, il n’y avait pas autant d’autoroutes et c’était une autre façon de traverser le pays.

Pouvez-vous nous donner l’exemple d’une personne ou d’une organisation, qui, selon vous, agit positivement pour le tourisme rural ?
Je mets en première place les propriétaires de gîtes et chambres d’hôtes qui partagent leur passion de leur territoire, ce sont les meilleurs ambassadeurs que je connaisse. Sans eux, je serai passée à côté de beaucoup de visites, et d’expériences.

Profil express :
Votre recoin rural préféré : les vignes et les produits qui en découlent, je suis d’ailleurs fière grâce aux chambres d’hôtes locales et particulièrement les Tilleuls à Lucenay d’avoir été intronisée par les Grappilleurs du Beaujolais des Pierres Dorées. Chaque fois que je peux, je visite les fermes et l’accueil à la ferme ; dès qu’on me met un lapin ou un agneau dans les bras ou que je peux donner un bout de pain à un âne, je craque.

Le livre que vous emporteriez avec vous : pas un mais une pile, sauf à être sûre d’en trouver sur place, une maison d’hôtes qui met en photo une bibliothèque pleine de livres me séduit à coup sûr. Dans mes bagages, un ou deux guides de tourisme, des livres d’histoire, les derniers parus de mes auteurs fétiches et quelques romans policiers, c’est mon point faible et parfait pour la sieste.

Un plat dont vous êtes friande : salé obligatoirement, en général tous les plats du terroir mais une mention particulière pour le lapin au vin que cuisine ma maman.

Un(e) collègue dont vous appréciez le travail : Charles Lecointe qui travaille avec moi pour Accueillir Magazine et me supporte au quotidien avec un flegme étonnant à moins que ce ne soit une capacité toute masculine à ne pas m’écouter.

Un voyage qui vous a laissé un souvenir particulier : dernièrement, une balade sur le lac du Der dans le bateau d’un propriétaire de chambres d’hôtes pour découvrir les oiseaux.

Votre prochain voyage : un week-end en famille en Bretagne.

 

4 thoughts on ““Le tourisme rural est extrêmement moderne” entretien avec Caroline Kyberd

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  2. hercouet

    En Bretagne dans le Morbihan à Saint-Congard en bordure du canal de Nantes à Brest un gîte pas comme les autres…
    Un gîte pour la rando, les seniors et les personnes à mobilité réduite. Le “Gîte Rand’Eau Pour Tous” 56140.
    Un hébergement de tourisme pour les familles et pour les groupes.
    J-Yves HERCOUET

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