“La France est complexée par sa ruralité” entretien avec Anne Chabot

Deuxième volet de notre série de posts “Entretiens TR” destinée à parler tourisme avec des professionnels du secteur. Aujourd’hui, c’est Anne Chabot qui répond à nos questions. Consultante en stratégie de communication sur les réseaux sociaux, elle intervient dans le domaine du voyage et du tourisme depuis plusieurs années notamment pour des sites comme Communes.com, le Palais des Festivals et de Congrès de Cannes, le magazine de voyage A/R, le réseau social de voyageurs beGlob et le off de Marseille 2013.

 

Quels sont les effets d’internet et des réseaux sociaux sur le tourisme en général sur le tourisme rural ?
D’abord une dimension démocratique, car Internet et en particulier les réseaux sociaux ont permis aux plus petits villages de côtoyer de grandes destinations touristiques sur un même outil de communication gratuit et à large portée. Bien sûr, l’impact n’est pas exactement le même, car il faut une vraie offre et un minimum de ressources pour assurer une communication réussie. Mais avec de la créativité et un peu d’investissement, de nombreuses petites communes ont su tirer parti de leur présence sur les réseaux sociaux et devancer les « grandes » destinations.

Pensez-vous que la présence sur les réseaux peut générer des réservations pour des petits établissements touristiques comme des gîtes ou des chambres d’hôtes ?
Oui, mais le volume de réservations dépend encore une fois de l’investissement sur les réseaux sociaux et de l’établissement. Difficile pour une petite chambre d’hôtes d’avoir le même impact qu’un grand hôtel. Comme n’importe quel outil de communication, les réseaux sociaux peuvent permettre aux chambres d’hôtes de faire la promotion de leurs établissements. J’imagine par exemple qu’elles peuvent fidéliser leurs clients en les invitant à rejoindre leur page fan, qui en parleront à leur tour à leurs amis…

Quelle est votre expérience personnelle du tourisme rural ?
Je suis une fille de la campagne ! Mes parents ont lancé une activité de gîtes et de chambres d’hôtes dans le Beaujolais, où ils accueillent toute l’année des touristes français et étrangers. Mon expérience du tourisme rural ? Le développement de leur site internet, la promotion via les sites et les agrégateurs hôteliers (Booking) 😉 J’essaie même de les convaincre de créer leur page fan mais pour l’instant ils sont encore un peu réticents…

Comment jugez-vous la situation du tourisme rural ?
Je pense qu’il ne connaît pas la crise ! On le sait, les Français privilégient maintenant les séjours courts et longs week-ends mais aussi le tourisme de proximité pour des raisons économiques. Et c’est là que le tourisme rural prend toute sa valeur ! De plus, les citadins blasés et fatigués se délectent de séjours à la campagne où ils peuvent retrouver des valeurs oubliées en ville comme la simplicité et la « slow attitude ».

Que recherchent selon vous les voyageurs qui pratiquent le tourisme rural ?
Le calme, la rupture avec leur quotidien, le retour à la nature et aux valeurs « sûres » comme la découverte du monde rural, de l’artisanat et des traditions. La proximité et le prix plus modéré jouent également un rôle dans la prise de décision et en particulier pour un week-end ou un court-séjour. Un dernier point : ces voyageurs veulent être guidés dans leur séjour et en particulier pour les possibilités de loisirs qui s’offrent à eux. Car la campagne a trop souvent la réputation d’être un endroit où on s’ennuie : pas de mer, pas de montagne, pas de loisirs urbains !

Pensez-vous que la France se met suffisamment en avant comme destination de tourisme rural ?
La France est complexée par sa ruralité. Les efforts de promotion vont aux destinations plus prestigieuses comme la Côte d’Azur, les châteaux de la Loire ou Paris plus que le Lot-et-Garonne ou la Normandie ! Il y a bien sûr quelques institutionnels qui – dans une démarche assumée – ont intégré la campagne à leur offre touristique. C’est notamment le cas du CRT Auvergne, qui multiplie les actions dans ce sens.

Profil express :
Votre recoin rural préféré : le Beaujolais (je manque cruellement d’objectivité sur cette question) pour ses courbes vallonnées, ses vignes colorées en automne et ses ravissants petits villages

Le livre que vous emporteriez avec vous : la biographie de Steve Jobs (parce que je n’ai pas encore eu le temps de la lire)

Un plat dont vous êtes friande : le gratin dauphinois

Un(e) collègue dont vous appréciez le travail : Frank Bonnet de Communes.com qui a lancé un portail pour toutes les communes de France – petites ou grandes !

Un voyage qui vous a laissé un souvenir particulier : mon séjour en Inde du sud

Votre prochain voyage : en négociation

2 thoughts on ““La France est complexée par sa ruralité” entretien avec Anne Chabot

  1. boyer maurice

    Bonjour.
    Je suis loueur de gites et chambres d’hôtes dans le sud de la france. A ce jour aucune réservation pour juillet/aout
    alors que je suis à 5Mn du Pont du Gard, 15 Mn d’Uzes,
    20Mn d’Avignon, il y a de quoi visiter, mais pour cele il faut de l’argent, et vu la situation, ça ce passe de commantaire.
    Je me retourne sur de la location au mois, il y a de la demande, plus que de la location à la semaine.
    Il nous manque une reconnaissance professionnelle dans la location de gites et chambres d’hôtes.

    Cordialement
    Maurice Boyer

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